Les caractéristiques et les causes de ce
problème :
Le pyomètre est une affection touchant l'utérus ayant pour origine
un dérèglement hormonal (des hormones sexuelles) survenant le plus
souvent dans les deux mois qui suivent les chaleurs de la chienne.
Le dérèglement hormonal aboutit à une production trop importante
de mucosités et de sécrétions par les glandes de la paroi utérine.
Le col utérin étant fermé, les sécrétions s'accumulent dans
l'utérus. Celui-ci se dilate alors de façon exagérée. Une
infection bactérienne secondaire du contenu utérin vient souvent
compliquer le tableau clinique.
Le pyomètre est susceptible de toucher toutes les chiennes de plus
de sept ans, n'ayant pas été stérilisées. Il n'y a pas de
prédisposition de race pour cette affection. La cause précise du
dérèglement hormonal n'est pas connue. Toutefois, certains
pyomètres ont pour origine l'utilisation abusive ou inadaptée de
traitements hormonaux (pour les avortements, l'interruption ou la
prévention des chaleurs) et, dans ce cas, ils peuvent toucher des
chiennes de tout âge.
Les symptômes :
Il existe deux formes principales de pyomètre :
le pyomètre à col fermé : les
sécrétions s'accumulent dans l'utérus. Mais aucune perte vulvaire
n'est décelable. On note en revanche une distension abdominale.
le pyomètre à col ouvert : la
pression exercée par les sécrétions fait ouvrir le col utérin. On
observe alors des écoulements vulvaires muco-purulents, avec
parfois du sang. Les symptômes sont souvent peu spécifiques (mis à
part les éventuels écoulements vulvaires). La chienne est, en
effet, abattue et anorexique. Il arrive aussi que la chienne se
mette à boire et à uriner en quantité très importante. On parle
alors de polyuro-polydipsie. Enfin, de l'hyperthermie est parfois
présente.
Les symptômes généraux sont plus importants en cas de pyomètre à
col fermé. La chienne est totalement prostrée, peut vomir ou être
déshydratée. Cela aboutit parfois progressivement à un état de
choc voire au coma.
Le diagnostic :
Le pyomètre doit être suspecté chez toute chienne non stérilisée
de plus de sept ans, qui présente un abattement soudain, de
l'anorexie et/ou une polyuro-polydipsie dans les deux mois qui
suivent ses chaleurs. Le diagnostic est assez facile à réaliser si
des pertes vulvaires sont présentes. En revanche, lorsque le
pyomètre est à col fermé, il est plus difficile à mettre en
évidence. Il faut alors effectuer des radiographies de l'abdomen
ou une échographie abdominale. Ces deux techniques d'imagerie
révèlent, en effet, une dilatation utérine anormale et la présence
d'un contenu liquidien dans l'utérus.
Des examens sanguins sont parfois réalisés. La numération-formule
montre souvent une augmentation du nombre de globules blancs (et
plus particulièrement des polynucléaires neutrophiles). Les
examens biochimiques révèlent parfois une augmentation du taux de
l'urée et de la créatinine sanguines, en cas de déshydratations et
d'atteinte rénale concomitante.
Le traitement :
Le pyomètre est une affection grave qu'il faut traiter rapidement.
Le traitement le plus couramment effectué et le plus efficace est
d'ordre chirurgical. Il consiste en une ovario-hystérectomie,
c'est-à-dire que l'on retire les deux ovaires et l'utérus dans sa
totalité. Les chiennes sont souvent perfusées durant et après
l'intervention, notamment pour lutter contre la déshydratation.
Une antibiothérapie par voie générale complète généralement le
traitement.
Le traitement chirurgical est le plus efficace car il permet une
guérison totale et rapide. De plus, cela évite la survenue de
récidives aux chaleurs suivantes. Il existe en effet des
traitements médicaux pour traiter le pyomètre. Mais, ceux-ci sont
moins concluants et le risque d'apparition de récidives aux
chaleurs suivantes est assez important. Les traitements médicaux
sont donc réservés pour les chiennes dont l'état général est trop
atteint et qui ne peuvent donc pas subir une intervention
chirurgicale. Il peut aussi être réalisé chez des chiennes
reproductrices dont les propriétaires refusent
l'ovario-hystérectomie.
Les traitements médicaux consistent à provoquer une dilatation du
col utérin puis des contractions des parois utérines, pour faire
expulser les sécrétions. On y adjoint aussi un traitement
antibiotique.
Ces traitements médicaux sont toutefois assez lourds et ne
constituent pas le traitement de choix du pyomètre. Il est
effectivement préférable de privilégier l'intervention
chirurgicale.
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